Avis de décès

Pierre Ansay

Pierre Ansay

La famille accueillera parents et amis au :

4231 RUE ST-LAURENT, MONTREAL

Le samedi 5 novembre 2022 de 13h à 18h

L'hommage aura lieu:

Le samedi 5 novembre 2022 à 14h
Diffusé en direct, ici-bas sur la page

Le 3 octobre dernier, Pierre Ansay, Docteur en Philosophie et Lettres, est décédé subitement d’une rupture d’anévrisme, à Ixelles. Père d’Alexandre et Julien, beau-père de Florence et Mathieu et grand-père de Zousya, Emeline, Lison et Léo, il laisse également dans le deuil son épouse Cécile ainsi que sa parenté et ses amitiés des deux côtés de l’Atlantique.

Pierre était un homme généreux de son temps et de son savoir, toujours prêt à aider les jeunes dans leur parcours personnel ou intellectuel. Sa mémoire phénoménale faisait de lui une encyclopédie ambulante. Il était altruiste et optimiste, faisant un usage immodéré de superlatifs. Son humour absurde «à la belge» faisait rire les grands comme les petits. Il ne laissait personne indifférent et prenait beaucoup de place avec sa voix forte de basse et son pas lourd. Son départ laisse un immense vide qu’il faudra chercher à combler d’amour et de souvenirs heureux.

Pierre est né en 1947 dans le village ardennais d’Herbeumont, en Belgique. Il se définissait toujours comme orphelin puisque son père Alexandre Ansay est mort peu après sa naissance. Sa mère Marceline Tinant était l’institutrice du village et a inculqué avec sévérité la discipline et le travail intellectuel à ses enfants. Pourtant, Pierre s’est montré récalcitrant vis-à-vis des curés et des institutions scolaires: il redoubla quatre fois et fréquenta six collèges différents en Wallonie. Il était déjà insoumis et indigné par les injustices dont il était témoin.

À 20 ans, il entame des études de philosophie et de droit à l’Université de Leuven. Membre du parti communiste, il se retire dès la dénonciation de la révolution culturelle chinoise par son compatriote Simon Leys et d’ailleurs pour lui, 1968 c’était davantage les chars à Prague que les pavés en mai.

Un jour de février 1969, il se jette dans les eaux glacées de la Meuse pour sauver les passagers d’une voiture ayant quitté la chaussée. Ce courage lui valut deux médailles civiques qu’il reçut du Prince Albert. Toujours à Leuven, Pierre épouse Jacqueline Stokart. Ils auront deux fils, Alexandre et Frédéric, disparu tragiquement en 1977, laissant en lui une plaie vive.

À Bruxelles, il rencontre Thérèse Nyst qui lui donnera Julien, son troisième fils. Pierre enseigne au Lycée de Molenbeek et à l’Athénée d’Ixelles et nombreux sont ceux qui considèrent aujourd’hui son aide et son enseignement déterminants dans leur vie. Il est très impliqué dans la vie sociale, entre autres comme président du MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien) de Bruxelles.

Au début des années ’80, après une période noire de sa vie, il se reprend en main, forme un couple avec Françoise Parmentier et relance sa vie professionnelle. Il est engagé à l’ARAU (Atelier de Recherche et d’Action Urbaines) où il publie son premier livre «Penser la Ville» et obtint son doctorat. C’est alors qu’il va conjuguer une carrière dans l’administration, à la Commission communautaire française, avec une production intellectuelle florissante. Il écrit de nombreux articles dans la Revue Nouvelle et la revue Politique.

En 1997, Pierre refait sa vie avec Cécile Baird, une montréalaise qu’il a connu à l’ARAU en 1985 et avec laquelle il entretenait une relation épistolaire. Il l’épouse et considère ses enfants, Florence et Mathieu Martin, alors âgés de 5 et 2 ans, comme les siens. En 2002, il déménage à Montréal et occupe le poste de conseiller à la Délégation Wallonie-Bruxelles à Québec. Il sera le Délégué de 2003 à 2008. La famille se déplace régulièrement entre le Québec et la Belgique. Son travail de diplomate se terminera à Bruxelles de 2008 à 2012, où il loge avec sa nièce Geneviève sur la rue Van AA.

À la retraite, Pierre se sent isolé à Montréal, exilé, loin de ses réseaux, enfants et petits-enfants qu’il adore. La solution est imparfaite mais nécessaire: il s’installe rue Hottat à Ixelles, en face de chez son fils Alexandre et mène une vie active dédiée à l’écriture. La séparation est pénible mais les déplacements outre-mer sont nombreux et les appels à sa Cécileke, quotidiens.

Ces années-là, Pierre publie encore des livres sur la philosophie, des essais et de nombreux articles. Il vise par ses écrits ce qu’il appelait la «démocratie cognitive». Il se voulait un passeur de savoirs, un pédagogue fournissant des outils de connaissance supposés aider les gens à se désasservir, à conférer par eux-mêmes un sens à leurs pratiques. Pierre faisait un transfert de capital symbolique par la diffusion de toute une série d’idées et de propositions de sens. Il était aussi aimé pour ça.

La vie de Pierre a été célébrée au crématorium de Bruxelles le 12 octobre dernier. Sa famille québécoise recevra parents et amis pour les condoléances samedi le 5 novembre, de 13h à 18h au complexe Memoria, situé au 4231 boulevard Saint-Laurent.

Une prise de parole aura lieu à 14h.

La diffusion en direct de l'hommage débutera le samedi 5 novembre 2022 à 14h

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